Partageant les mêmes enthousiasmes littéraires et artistiques, tous les deux friands de "cette bonne pourriture, bien gratinée, bien faisandée", Lorrain et Huysmans furent très proches, comme le montre leur correspondance. On les verra ensemble aussi bien au Bal du Château-Rouge que chez Gustave Moreau. Suite à la conversion de Huysmans, les deux écrivains évolueront différemment et quelques malentendus précipiteront la fin de cette belle amitié.
"[...] vos concepts diaboliques vous ont fait l'homme de talent que vous êtes. Cette dérogation aux règles infernales est inquiétante et je suis, cependant, assez peu charitable pour souhaiter qu'elle continue, car vos abominables livres sont délicieux et le pervers mal éteint qui est en moi ne peut pas ne point se délecter à ces savoureuses phrases de haute venaison encore décomposées par vos encens gâtés et vos poivres ! C'est du sambayon [sic] aux larmes d'âmes et au jus de fesses ; les Exili n'avaient pas trouvé de poisons plus parfumés et plus âcres : vous êtes le vrai monsieur Brinvilliers des âmes."
(LETTRE DE HUYSMANS A LORRAIN, 1893)
"Je crois très franchement que votre littérature reste le plus sérieux de mes vices [..] L'implacable notateur des typhoïdes d'âmes que vous faites."
(LETTRE DE HUYSMANS A LORRAIN, 1901)