Polémiste corrosif, poète libertaire, prosateur acide, provocateur, imprévisible, Tailhade entretint avec Lorrain des relations quelque peu cahotiques, tantôt cordiales, tantôt glaciales, avant de devenir l'un de ses détracteurs les plus virulents suite à leur divergence d'opinion sur l'affaire Dreyfus.
"Grand, taillé en force, avec de gros os et des yeux bleus à fleur de tête, les cheveux dorés au henné ... imbus d'odeurs pénétrantes et vulgaires, musqué, fardé, la main belle, un peu massif, un peu voyant [...] Il crachait en parlant, émettait des postillons, les dents déjà caduques et la prothèse maladroite. Il avait le ton commère, la curiosité des paroles vaines, l'amour de chichi, un bagou énervant [...] avec, par là-dessus, un véhément désir enfantin d'émerveiller le badaud par le non-conformisme de ses débordements."
(Article publié dans JE DIS TOUT)