JEAN LORRAIN
 
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Paul Padovani (1863-1908) Convertir en PDF Version imprimable

mt_option:Paul Padovani Installé à Nice dont il fut conseiller municipal, secrétaire du Comité des Fêtes et vice-président de l'Artistique, Paul Padovani collabora, sous le pseudonyme de Le Padovan, à La Vie Mondaine, Le Phare du Littoral et surtout L'Eclaireur de Nice, dans lequel il écrivit plusieurs chroniques sur son ami Jean Lorrain. Avec d'autres journalistes, tels que Georges Maurevert, Jean-François Merlet, Georges Casella, ou encore Jean Galmot, il fut un habitué de la villa Bounin.

 

"L'homme d'esprit qui, jadis, sous la signature de Raitif de la Bretonne, eut assez de compréhension de la diversité et de la perversité féminine pour nous servir, dans le Gil Blas, de galante mémoire, "Une femme par jour", l'ironiste aux pinçons cuisants qui dédicace ainsi son livre d'hier, L'Ecole des Vieilles Femmes : "Aux condamnées de l'amour qui ne veulent pas vieillir, je dédie ces cruautés, ces tristesses et ma pitié !", Jean Lorrain achevait de conter, une khédive aux lèvres, avec une verve pleine de malice, l'histoire du "Bébé incassable". C'était le surnom dont il affublait une femme de théâtre qui, devenue journaliste, et protégée par une chance extraordinaire, s'était toujours tirée les brayes nettes — malgré la fragilité de ses jarretelles ! — d'une quantité d'aventures de coeur et de trois ou quatre accidents d'automobile.

L'éclat de rire apaisé, il parlait maintenant de la douceur qu'il éprouvait à demeurer toute l'année dans notre ville, surtout les fêtes finies et l'été approchant, le charme de langueur qu'il trouvait à la ville endormie sous les ardents soleils comme la Belle au Bois du conte de Perrault, à la condition qu'il eût le loisir de couper ce séjour par une visite à la ville mystérieuse plus somnolente encore, puisqu'elle n'est plus, depuis longtemps, qu'un cimetière sur la lagune, à Venise. Oui, la Côte d'Azur grisée, en été, de trop de fleurs meurtries, léthargique et pâmée dans le goût de la mort, exerçait une étrange attirance sur l'esprit du rêveur. Mais combien cette emprise était plus poignante sur les bords du Grand Canal, devant le palais de Desdémone ! Ah ! s'il n'était pas lié par les exigences des éditeurs, les délices d'une fugue à Venise pour un bon mois ! ...

— Mais enfin, mon cher, reprenait son voisin, qui en revenait aux touches violentes avec lesquelles le romancier avait noté les ardeurs séniles de certaines sexagénaires, croyez-vous qu'à cet âge ...

— Bast ! répliquait l'autre, quand le feu prend à la cheminée, c'est toute la vieille suie qui flambe ..."

(LA GLOIRE DE NICE)

Dernière mise à jour : ( 21-03-2011 )
 
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